Bonjour, je suis Julien, CEO de Wizi, MorningCroissant et Knock Knock
Chaque Lundi, je (et pas une IA !) partage sur ce blog notre newsletter hebdomadaire suivie par plus de 68 000 lecteurs fidèles : investisseurs, propriétaires et passionnés d’immobilier.
Bonne lecture.
Pendant des années, les réglementations environnementales dans la construction et le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) se sont imposés comme références pour construire ou évaluer la qualité d'un logement avec pour préoccupation son comportement lors des périodes de froid.
Mais, avec la multiplication des épisodes de canicule, se pose maintenant la question de son adaptation à la chaleur, même si économe en hiver, avec la crainte d’un nouvel épisode non pas de canicule, mais de nouvelles rénovations devenues nécessaires pour maintenant adapter les logements à … l’été !

Un logement performant n'est pas forcément confortable l'été
Une étude de Pouget Consultants réalisée pour IGNES à partir de 9 millions de DPE de la base ADEME conclut que 1 logement sur 2 peut être considéré comme une « bouilloire thermique », que 9 logements sur 10 ne sont pas correctement adaptés aux fortes chaleurs et que même les logements récents ou très performants énergétiquement sont concernés.
Ainsi près d'un tiers des logements classés A ou B au DPE ne seraient pas adaptés aux épisodes de canicule, le DPE mesurant principalement les besoins de chauffage, la consommation énergétique, les émissions de CO₂, mais sans prendre en compte l'exposition sud ou ouest, l'absence de volets ou protections solaires, l'inertie des matériaux, la ventilation nocturne, les effets d'îlot de chaleur urbain, ...
Résultat : un appartement très bien isolé, peu coûteux à chauffer, mais qui accumule la chaleur pendant plusieurs jours de canicule, même après des travaux de rénovation lui permettant d’échapper au statut de passoire thermique peut très bien tomber dans celui de … bouilloire thermique !
Une prise de conscience tardive ?
Dans une réponse officielle à l'Assemblée nationale, le Gouvernement rappelle que le DPE comporte déjà un indicateur « confort d'été » (Bon / Moyen / Insuffisant) mais reconnait que cet indicateur doit être amélioré et indique que des travaux sont déjà engagés dans le cadre du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC) pour mieux refléter les réalités.
Ce qui ne peut rassurer les propriétaires qui, après avoir parfois investi plusieurs dizaines de milliers d'euros pour améliorer le classement énergétique de leur logement, risquent demain de devoir engager de nouveaux travaux pour améliorer son confort d'été ?
D’autant que certaines solutions appliquées contre le froid deviennent des pièges contre la chaleur telle une grande baie vitrée orientée plein sud, très appréciée pour les apports solaires gratuits en hiver, qui devient un véritable capteur solaire en été si elle n'est pas équipée de protections extérieures, ou une isolation si performante qu’une fois la chaleur entrée … elle ne peut plus en ressortir !
Clairvoyance, lucidité, lobbying, … ?
Alors, juste une question ! Après des décennies d'annonces et de prédictions sur le réchauffement climatique, était-il cohérent de concentrer l'essentiel des efforts de rénovation sur la seule performance hivernale des logements ?
Ce manque de clairvoyance pourrait s’expliquer par la principale préoccupation d’économiser de l’énergie (consommation forte en hiver et faible en été !) au détriment du confort et de l’habitabilité toute l’année ! Dommage !