Bonjour, je suis Julien, CEO de Wizi, MorningCroissant et Knock Knock
Chaque Lundi, je (et pas une IA !) partage sur ce blog notre newsletter hebdomadaire suivie par plus de 68 000 lecteurs fidèles : investisseurs, propriétaires et passionnés d’immobilier.
Bonne lecture.
Regardez bien la pierre qui illustre cette newsletter. Elle n’a franchement rien de spectaculaire : quelques centimètres d’argile couverts de signes cunéiformes, le genre d’objet devant lequel on passe probablement assez vite dans un musée et pourtant … il s’agit de l’un des plus anciens contrats de location de l’Histoire !
Car derrière ces signes se cache une histoire qui nous est étrangement familière : un propriétaire, un locataire, une maison, une durée et un loyer à payer. Plus de 2 500 ans avant Wizi, les Babyloniens avaient déjà compris que quand on confie son logement à quelqu’un contre un loyer, mieux vaut l’écrire noir sur blanc … ou plutôt, à l’époque, le graver dans l’argile.

Quand le bail tenait dans la main.
En effet, dans la Babylone antique, louer une maison pouvait déjà donner lieu à un véritable contrat. L’un de ceux qui nous sont parvenus décrit une maison louée pour deux ans moyennant 18 sicles d’argent par an mais, l’adresse n’existant évidemment pas sous notre forme actuelle, le contrat situe le logement en indiquant les propriétaires des maisons voisines.
Et ce document est loin d’être un cas isolé car les archéologues ont retrouvé de nombreuses tablettes, explicitement identifiées comme des contrats de location de maisons, dont certaines sont conservées au Metropolitan Museum of Art de New York.
Mais, plus étonnant encore : certaines tablettes ne représentent pas seulement des contrats, mais de véritables comptes de loyers, recensant les sommes versées par différents occupants car, bien avant Excel et les logiciels de gestion, il était déjà pertinent de savoir qui avait payé et combien.
Finalement, qu’avons-nous inventé ?
Certaines tablettes montrent d’ailleurs que les préoccupations de l’époque allaient déjà bien au-delà du simple montant du loyer puisque l’une d’elles précise même qui devra prendre en charge la réparation du soubassement d’un mur. Et, détail étonnamment moderne, chacune des parties repart avec sa copie du contrat.
Les modalités de paiement étaient elles aussi prévues avec précision telles que décrites dans un bail babylonien daté de 527 av. J.-C où il est écrit que le loyer sera payé en deux échéances, une moitié au début de l’année et l’autre au milieu de l’année. Donc, même l’échéancier de paiement n’est pas une invention moderne !
Nous avons depuis remplacé le sicle par l’euro, le scribe par l’ordinateur et l’argile par le PDF mais, entre le montant du loyer, ses échéances, les réparations à effectuer et un exemplaire du contrat pour chaque partie, le propriétaire babylonien ne serait finalement pas totalement perdu dans une location d’aujourd’hui et … seul le DPE lui ferait défaut !
Le bail … une antiquité !
Ce que raconte le mieux cette petite tablette c’est que, dès que l’homme a loué le toit qu’il possédait à celui qui avait besoin de l’habiter, il a ressenti le besoin d’en fixer les règles par écrit, et que certaines de ces règles ont remarquablement résisté au temps.
Dimanche prochain, nous avancerons de quelques siècles et changerons de capitale pour Rome, où le logement locatif va prendre une tout autre dimension avec des immeubles de plusieurs étages, une population massive de locataires, des propriétaires investisseurs et même de la sous-location !