La saga de la location 2/4 : Rome - locataire dans la première grande ville du monde !

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Publié par Wizi le 19/10/2026, modifié le 30/10/2026.

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           Oubliées les tablettes d’argiles babyloniennes, mais ce que racontent les quelques lignes encore intactes de ce papyrus nous est encore familier : une maison, un propriétaire, un locataire, une durée, un loyer… et des clés à rendre en partant.

         Nous sommes en 141 après J.-C., sous l'empereur Antonin le Pieux et ce contrat prévoit une location de six ans pour 152 drachmes, mais surtout, il contient une clause que n'importe quel propriétaire comprendrait aujourd'hui car précisant que, à son départ, le locataire devra restituer la maison sans dégradation, avec ses portes et ses clés. Près de 1 900 ans plus tard, un premier état des lieux de sortie !

Quand Rome invente la ville locative.

À Rome, la location change d'échelle alors que la capitale impériale compte une population immense et qu’une grande partie de ses habitants vit dans des insulae, ces immeubles collectifs de plusieurs étages composés de logements loués. Posséder un immeuble et en tirer des loyers devient une véritable activité économique !

         Le droit romain possède d'ailleurs un cadre juridique pour cela : la locatio conductio rei, qui permet de louer l'usage d'un bien contre un prix. Objet loué, montant du loyer, durée … les ingrédients fondamentaux de notre bail sont déjà réunis !

         Mais être propriétaire à Rome n'était pas nécessairement de tout repos car les immeubles peuvent être surélevés, densément occupés et donc exposés aux incendies ou aux effondrements. Et, plus on monte dans les étages, plus les logements sont généralement modestes ainsi, deux mille ans avant nos annonces immobilières, l'étage et la qualité du bâtiment comptaient déjà beaucoup.

Portes, clés et … détritus !

          Dans ce contrat de l’année 141 le locataire obtient le droit d'occuper la maison lui-même ou d'y faire habiter d'autres personnes et, pendant les six années prévues, le propriétaire ne peut ni la louer à quelqu'un d'autre ni la reprendre pour son propre usage. Une forme de sécurité d'occupation qui ne paraît finalement pas très exotique.

         Et les Romains savaient être méticuleux lors de la restitution car, un autre bail, daté de 280 après J.-C., porte sur une maison avec cour et puits, louée six ans pour 1 000 drachmes par an, et payables en deux fois précisant que, à la fin du bail, le locataire doit rendre la maison nettoyée de ses détritus, avec les portes et les clés qu'il avait reçues ; à défaut, il doit en payer la valeur.

         Paiement semestriel, obligation de restitution, nettoyage du logement, portes et clés à rendre, indemnisation de ce qui manquerait, … n'importe quel gestionnaire locatif pourrait presque reprendre cette checklist de l’année 280. Ne manque que l’exigence d’un revenu à hauteur de trois fois le montant du loyer !

Rien de nouveau sous le soleil de Rome ?

         De Babylone à Rome, quelque chose a pourtant profondément changé car la location devient l'un des moyens de loger une immense population urbaine, l'immeuble locatif faisant désormais partie intégrante de la ville.

         La semaine prochaine, bond de plus de mille ans pour arriver dans le Paris de l'Ancien Régime et ouvrir à nouveau un véritable bail révélant ce qu'un propriétaire parisien exigeait de son locataire il y a trois ou quatre siècles !

  

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