La saga de la location 3/4 : Paris - quand le bail devient presque moderne !   

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Publié par Wizi le 26/10/2026, modifié le 30/10/2026.

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          Après l'argile de Babylone et le papyrus de l'Empire romain, voici le papier. Nous sommes le 7 mai 1602 et Guillaume Symon loue une maison située rue des Grands-Augustins à Paris à un certain Roger Duval.

         À première vue, quatre siècles nous séparent encore de notre bail actuel, pourtant, quelque chose a changé : nous pouvons désormais lire les noms du propriétaire et du locataire, retrouver la rue et parfois même suivre l'histoire du logement dans les archives. Le bail commence sérieusement à ressembler aux nôtres !

Quand Paris se louait déjà.

         Dans le Paris des XVIIe et XVIIIe siècles, le bail à loyer est déjà un acte parfaitement installé dans la vie quotidienne et les archives notariales en conservent par milliers : maisons, appartements, boutiques, ateliers, … Paris est déjà une ville de propriétaires et de locataires !

         Et, c’est en parcourant les archives qu’on constate que le marché est loin d'être réservé aux aristocrates puisqu’on y trouve un maître horloger qui « prend à bail » auprès d'un maître cordonnier en 1631, un maître brodeur en 1630 ou encore, en 1751, un marchand fruitier-oranger prenant une « maison à loyer ». L'immobilier locatif est donc déjà intimement mêlé à la vie économique de la capitale.

         Certaines histoires ont même un parfum très contemporain. Ainsi en 1579, Blaise de Vigenère, diplomate et cryptographe, signe un bail de six ans pour une maison rue Galande, moyennant 83 écus et 6 deniers, mais les archives mentionnent ensuite… son désistement du bail. Quatre siècles avant nos lettres de résiliation, tous les locataires n'allaient donc déjà pas jusqu'au terme prévu !

L'état des lieux n'est pas né hier.

         Au fil des siècles, la location devient aussi de plus en plus documentée. Les Archives de Paris conservent par exemple un état des lieux d'un appartement de l'hôtel de Verteillac, sur l'île Saint-Louis, daté du 27 juillet 1771. L'idée de constater précisément l'état d'un logement n'est donc vraiment pas une invention moderne.

         Les baux archivés permettent également de suivre une société entière. On y croise des artisans, des commerçants, des hommes de loi ou des nobles, et les rues mentionnées existent parfois encore. Le bail devient presque une photographie de Paris, recensant qui possède, qui habite, où et pour combien de temps.

         Et le document lui-même a changé car, libéré de l'argile, le contrat peut s'allonger, préciser davantage les obligations des parties et laisser une trace beaucoup plus détaillée de la location. Notre bail moderne, avec ses pages de clauses, commence doucement à pointer le bout de son nez !

Le bail prend ses habitudes.

         De Babylone à Paris en passant par Rome, la contractualisation entre propriétaire et locataire s’est progressivement sophistiquée et, au simple accord sur un logement, une durée et un prix, sont venues s'ajouter toujours davantage de règles, de formalités et de preuves. Le propriétaire et le locataire commencent à être sérieusement encadrés par le contrat.

         Dernier saut temporel dimanche prochain vers le XIXe siècle, lorsque Paris se transforme et que l'immeuble de rapport devient une véritable machine à produire des loyers. Cette fois-ci, ce n'est plus seulement le bail qui devient moderne, c'est le métier de propriétaire bailleur lui-même.

  

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